Kalaripayat
Le Kalaripayat, Kalarippayat ou
Kalarippayattu est un yoga martial ancestral de l’Inde. Traditionellemnet mode d’éducation du peuple keralais, cette discipline procure à ses pratiquants un équilibre physique et émotionel :
ancrage a la terre, ouverture du coeur, conscience de soi, des autres, du temps, et de l’espace.
Art martial multimillénaire pratiqué sur la cote du Malabar dans le
Kerala au sud-ouest de l’Inde. Matrice du Kung fu de Shaolin, les mouvements s’inspirent du comportement des animaux : chat, lion, poisson, éléphant, cheval….
Cheval

Eléphant
Lion
Poisson
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Sanglier
au Sud de l’Inde.
Ses origines sont immémoriales. Ses influences sont multiples :
– Dravidiennes, culture ancienne du Sud de l’Inde, avec la connaissance du monde
animal, élémental, végétal.
– Bouddhistes avec la tradition de non violence, la science des point vitaux et du corps
énergétique.
– Aryennes avec les techniques holistiques de domination et de conquête.(Dhanurveda).
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Les Aryens sont des peuplades venues d’Iran, d’Inde du Nord et du
bord de la mer Caspienne. Ils ont envahis l’Inde du Sud vers 1700 avant JC.
Les premiers écrits connus concernant la discipline sont des inscriptions sur des
feuilles de palmes datant du 2ème siècle avant J.C.
Au 6ème siècle, un certain Damo, expert dans la discipline, part en Asie pour propager la
pensée bouddhiste; il se fixera au monastère de Shaolin.
Les formes du Kalaripayat se codifient au 12ème
siècle.
Fondamentalement lié avec l’histoire du Sud de l’Inde, la discipline connaît un âge d’or
entre le 15ème et le 17ème siècle. A cette période, le Kalaripayat est un pilier institutionnel de la société kéralaise. Les Guerriers Nayar sont les garants de l’ordre social. La côte du malabar
est alors le lieu de nombreux échanges commerciaux avec l’extrême orient et l’occident. Il est rapporté dans des écrits de voyageurs portugais que les côtes du malabar sont alors les plus sûres
du monde. L’ordre règne dans la vie quotidienne et les conflits entre royaumes voisins se règlent en combat individuel et à mort entre les meilleurs guerriers. De nombreuses chansons populaires
témoignent, encore de nos jours, des faits et gestes extraordinaires des héros guerriers de cette époque.
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du 17ème siècle, la couronne anglaise prend le pouvoir sur la région. Elle interdit la pratique du Kalaripayat, perquisitionne et détruit les armes… Les Maîtres sont mis sous haute
surveillance… Certains, cependant, continueront à enseigner clandestinement; ce qui permet au Kalaripayat de survivre jusqu’en 1947, date de l’indépendance reconquise.
Dans les années cinquante, si la pratique est toujours vivante pour une poignée de pratiquants, elle n’est plus qu’un mythe poussiéreux pour la plupart des indiens du
Sud. C’est grâce au dévouement et au talent de Maître Sri Kanaran et de son disciple C.V. Narayanan que la discipline retrouve ses lettres de noblesse dans le coeur des indiens. En 1956, le
gouvernement du Kérala s’investit pour la réhabilitation de la discipline en aidant la construction de nouveaux kalaris (lieux de pratique de la discipline).
Aujourd’hui, le Kalaripayat n’est plus un pilier de l’ordre social. Ses applications restent certes toujours martiales dans leurs dimensions (très efficaces!) de self
défense, mais il n’y a plus de combat à mort programmé. Les applications concrètes sont d’ordre plus personnel : développement de soi mental, physique et émotionnel. Les Maîtres continuent à être
des médecins réputés et respectés, que l’on vient consulter des campagnes, des villes et de plus en plus de l’étranger…
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jeunes kéralais reconnaissent actuellement la profonde valeur de cet héritage toujours vivant grâce à la lignée des Maîtres ; ce qui rend l’expension de la discipline parfois délicate.
Heureusement, la venue et l’intérêt toujours plus croissant d’étrangers pour cette discipline lui donne un souffle nouveau. Une compétition de formes nationale a lieu
tous les ans. Elle réunit plusieurs milliers de pratiquants. C’est un moment fort et déterminant pour l’orientation et le devenir cette discipline traditionnelle pratiquée dans une société en
mutation entre tradition et modernité…

Présentation de la discipline
Le Kalaripayat est une méthode rigoureuse d’entraînement. Elle puise sa force et son équilibre énergétique du principe du jeux des cinq souffles : Prana (circulation
générale), Vyana (expansion),Samana (contraction), Apana (vers le bas) et Udana (vers le haut).
Ses applications martiales ne sont pas perceptibles directement pour une personne non initiée. C’est en ce sens que l’on parle d’art martial ésotérique. Les formes corporelles sont extrêmement
précises et économiques. Rien n’est fait qui ne soit pas nécessaire et chaque mouvement a une triple application : martiale, énergétique et pédagogique. Ces applications se révèlent pour le
pratiquant au fil des entraînements.
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Kalaripayat sollicite toutes les dimensions de l’être humain :
– Dimension physique : muscles, tendons, système cardio-vasculaire et respiratoire,
organes.
– Dimension mentale : conscience et maîtrise des processus mentaux.
– Dimension émotionnelle : conscience et maîtrise des émotions.
Les entraînements génèrent des bénéfices dans la vie personnelle du pratiquant : santé robuste, paix, confiance en soi et en la vie, humilité, courage… Ces mêmes
bénéfices sont des aptitudes martiales essentielles à la formation d’un bon guerrier.
Les pratiquants sont également progressivement initiés à la compréhension du
fonctionnement énergétique du corps humain. L’ensemble des techniques de défense et d’attaque du Kalaripayat se fonde sur la manipulation de ce système. Pour ceux qui en ont les aptitudes et la
volonté, il est possible d’étudier ces techniques également dans une optique de soin par manipulation, massages à l’huile, application d’huiles, de pâtes d’herbes médicinales… Les Maîtres de
Kalaripayat sont des guerriers/guérisseurs experts dans la science des Marmas ( points vitaux du corps).
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– Les pratiques corporelles individuelles : Meythadi.
– Le maniement des armes en bois : Kolthadi.
– Le maniement des armes tranchantes en métal : Ankalthadi.
– Le combat à mains nues : verumkaï.
Meythadi comprend :
– Des exercices de projection de jambes avec mouvements de balancier, qui développent
l’ancrage à la terre, la détente, la mobilité et la précision du bassin, l’ouverture du haut du dos, le lâcher prise;
– Des postures inspirées du monde animal, qui comportent un travail énergétique et un
conditionnement physique;
– Des salutations constituées d’enchaînements dynamiques de postures animales
développant la coordination neuro-musculaire, la concentration, la relaxation;
– Des séquences de mouvements , appelées formes, constituées de la combinaison de
postures animales et de projections de jambes. Il y a deux familles distinctes de séquences : les Pilla-thangi (compactes, linéaires, puissantes et explosives) et les Meypayattu
(circulaires,fluides, travaillant l’endurance).Ces formes conditionnent le pratiquant à réagir instinctivement à ses perceptions de façon efficace en situation de combat.
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– Le maniement du bâton long et flexible en bambou plein;
– Celui du bâton court et rigide;
– Du bâton courbe à bout arrondi (arme spécifique du kalaripayat);
– De la masse de bois.
Ankalthadi comprend principalement:
– Le maniement de la dague;
– De l’épée et du bouclier;
– De l’épée fouet à double tranchant;
– De la hache;
– De la lance…
Toutes les armes se pratiquent en combat codifiés à deux ; certaines cependant ont des séquences solos : par exemple, l’épée et le bouclier et le long bâton flexible.
Enfin, Verumkaï comprend un vaste ensemble de clés, immobilisations, projections,…
La pratique de Meythadi conditionne toutes les autres..
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