Eudémonisme post-45

« Concluons en répétant qu’il n’existe aucun rapport – sinon peut-être, un rapport inverse – entre le sens de la vie et le bien être économique. Exemple insigne, et qui n’est pas d’aujourd’hui, mais appartient au monde traditionnel : celui qui, sur le plan métaphysique, dénonça le vide de l’existence et les tromperies du « dieu de la vie », et indiqua la voie du réveil spirituel, le Bouddha Çâkyamuni, n’était ni un opprimé, ni un affamé, ni un représentant de couches sociales semblables à cette plèbe de l’empire romain à laquelle s’adressa en premier lieu la prédication chrétienne révolutionnaire ; Ce fut, au contraire, un prince de race, dans toute la splendeur de sa puissance et toute la plénitude de sa jeunesse. La vraie signification du mythe économico-social, quelles qu’en soient les variétés, est donc celle d’un moyen d’anesthésie intérieure ou de prophylaxie visant non seulement à éluder le problème d’une existence privée de tout sens, mais même à consolider de toutes les façons cette fondamentale absence de sens de la vie de l’homme moderne. Nous pouvons donc parler, soit d’un opium bien plus réel que celui qui, selon les marxistes aurait été administré à une humanité non encore illuminée ni évoluée, mystifiée par les croyances religieuses, soit, d’un point de vue plus élevé, de l’organisation méthodique d’un nihilisme actif. Les perspectives qu’offrent une certaine partie du monde actuel pourraient bien être celle qu’entrevoit Zarathoustra pour « le dernier homme ». »
Julius Evola, « Chevaucher le tigre », Dans le monde où dieu est mort, 5. Couvertures du nihilisme européen. Le mythe économico-social.
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« Et pourtant j’ai souvent vu des citoyens distingués se comporter, au cours de leur procès, de manière étrange au regard de la réputation qui était la leur, parce qu’ils s’imaginaient qu’ils souffriraient un mal redoutable s’ils venaient à mourir, comme s’ils allaient devenir immortels au cas où vous ne les condamneriez pas à mort. »
Platon, « Apologie de Socrate », 35a 35b.
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« Du côté de l’Occident il n’y a pas d’espoir [...] l’excès de bien-être a atrophié en lui la volonté et la raison. »
Alexandre Soljenitsyne, cité par Dominique Venner dans la Nouvelle Revue d’Histoire, n°38 « Le réveil de la Russie », « Pour saluer Soljenitsyne.
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« Aussi, lorsque quatre ans plus tard l’Allemagne est de nouveau à genoux dans son corps, mais invaincue dans l’âme, c’est son âme qu’on entreprit de « traiter ». Car, voyez-vous, si tuer les corps est facile, tuer les âmes exige plus de finesse. Là, le phosphore, les potences, l’atome ou les munitions D.U. ne sont que de peu d’effet. C’est un poison d’une autre alchimie qu’il faut ! Un poison triple et subtil. Trois forces constituent, en effet, la vie de l’âme : la pensée, le sentiment et la volonté. Ce sont ces trois forces-là qu’il faut atteindre pour briser un homme, et à plus forte raison un peuple :
- D’abord obnubiler la pensée, la conscience du Vrai. On le sait, le poisson pourrit par la tête : c’est donc à la tête qu’il faut frapper – par le mensonge – par le mensonge savamment distillé, partout, dans tous les média surtout, par le contrôle de tout ce qui pense, ou qui pourrait penser un jour : l’Université, l’édition, la presse, la radiotélévision, et forts de tous ces bons outils, truquer l’Histoire, imposer une relation intégralement falsifiée du cours de la guerre et de ce que vous savez, la marteler à satiété, en l’imprimant dans les profondeurs des esprits de telle sorte qu’elle en vînt à annihiler dans l’âme allemande jusqu’au simple respect de soi-même et tuer du même coup chez tous les autres peuples toute velléité de sursaut national. Toute résistance enfin. Alors seulement la plèbe sera prête pour l’esclavage et le peuple pour la servitude apathique et amorphe d’un docile troupeau à la merci des larbins du Système.
- Ensuite détruire le sentiment du Beau. Enlaidir, encenser le moche, le vulgaire et le toc. Frapper au cœur, par conséquent, partout, dans l’art, le vêtement, l’architecture, la musique ou la langue. Haro sur les enfants surtout : ceux-là sont encore tendres. Inutile, n’est-ce-pas ? de vous faire un dessin…
- Pour finir : dévoyer la volonté, le désir du Bien, et ce, dès la prime adolescence, celle où s’affermit l’individu – en pervertissant l’instinct de vie, en flétrissant dès le début la vie sexuelle (et ce qui fonde la vigueur et la pérennité d’un peuple sain : le couple et la cellule familiale) – par la débauche et la pornographie. Là, c’est tout bon : c’est vraiment atteindre le tissu biologique en sa substance. Regardez autour de vous : vous aurez tout compris. »
W. Helm, « Le viol des nations ».


